L’hyperconnexion c’est quoi ? 

L’hyperconnexion est le résultat de l’ensemble des informations, des sollicitations, des interactions dans les connexions digitales ou numériques. Pourtant aujourd’hui, nous en minimisons les risques. Car être hyperconnecté renvoie une image à la fois jeune, dynamique et aussi actif et sociable. Parfois même, l’hyperconnexion est quasiment perçue comme un critère de réussite sociale.

Depuis mars 2020 et une exposition très forte au télétravail comme jamais auparavant, de nombreux symptômes apparaissent : 

  • La montée du stress : dans la période inédite actuelle, nombreux sont ceux d’entre nous qui craignent pour leur employabilité et donc ressentent un stress supplémentaire et se sentent obligée de tendre vers l’hyperconnexion,
  • La dépendance : les salariés en sont bien conscients car ils sont 75% à penser que le travail à distance accroît les pratiques addictives chez les personnes déjà en difficulté selon une étude Odoxa
  • L’isolement
  • La fatigue visuelle,
  • Les douleurs cervicales, 
  • La sédentarité.

L’hyperconnexion fait partie des principales conséquences du télétravail à hauteur de 79% (toujours selon la même étude Odoxa). D’autant plus que les collaborateurs sont de plus en plus confrontés au blurring : un état de veille permanent, pour des salariés hyperconnectés, quand vie professionnelle et vie personnelle se mélangent. Blurring vient de l’anglais “blur” qui correspond au mot “flou” ou, dans le cas d’un verbe, “se brouiller”. Donc, utilisé dans le cadre du travail, le blurring serait cette situation dans laquelle la ligne de séparation entre vie pro et vie perso se brouille. Pendant longtemps, la flexibilité due au blurring et la connexion permanente des salariés à leur travail étaient un moteur d’engagement. Aujourd’hui le phénomène est discuté. D’ailleurs, pendant le confinement, la question de la conciliation télétravail et vie privée était une discussion centrale.

Comment prévenir l’hyperconnexion (et les risques psychosociaux en général) ? 

8 salariés sur 10 sont connectés à leur messagerie professionnelle en dehors du temps de travail, selon une étude

Quels sont les risques inhérents à l’hyperconnexion ? 

Les risques psychosociaux notamment sont très importants. 

Pour les anticiper,  les entreprises peuvent mettre en place : 

  • Des ateliers afin d’évoquer des thèmes tel que la motivation et la confiance en soi 
  • Des groupes d’expression afin que chaque personne puisse échanger et parler librement 
  • Depuis le début du COVID, de nombreux salariés ont la possibilité de se faire aider grâce à un système de lignes d’écoute anonyme avec des psychologues.

En effet, il est essentiel pour les entreprises de prendre en compte que le télétravail est nouveau pour la majorité des Français, il faut donc aider et accompagner les salariés dans cette transition organisationnelle. 

Découvrez quelques bonnes pratiques de certaines entreprises sur ce sujet : 

  • Depuis 2015  chez Rakuten (anciennement Priceminister), le PDG lui-même a décidé d’inviter l’ensemble de ses collaborateurs à ne pas consulter leurs mails le temps d’une matinée. Une demi-journée par mois sans e-mails, pour aider les salariés à mieux communiquer entre eux. Résultat : on réfléchit plus sur le contenu des messages et on parle davantage en face-à-face à ses collègues pour ce qui est des sujets “secondaires”.
  • La société Atos a voulu aller plus loin, en annonçant renoncer à l’usage des e-mails dans l’entreprise. « L’explosion du volume d’informations échangées, le développement de nouveaux modes de travail collaboratif, et le dévoiement de l’e-mail, source d’inefficacité, ont conduit Atos à mettre en place en 2011 son programme Zero e-mail ».
  • La déconnexion passe par l’instauration du monde silencieux. On appelle cela le “quiet time”. Orange et l’Apec, proposent à leurs salariés de se déconnecter des outils de communication digitaux pendant deux heures, tous les jours. Même chose pour le groupe Intel qui a incité 300 de ses salariés à couper messagerie et téléphone tous les mardis matins. Résultat : on se concentre sur les dossiers qui nécessitent une attention particulière sans être interrompu toutes les cinq minutes par d’autres “urgences” à traiter.
  • Depuis 2011, Volkswagen a décidé de bloquer l’accès au serveur de l’entreprise dès 18h15, et ce jusqu’à 7h le lendemain. Résultat : plus de risque de repartir avec du travail sous le bras !

Le sujet n’est pas nouveau mais il s’est fortement accentué du fait de la crise sanitaire. 

Comment repérer les signaux faibles du télétravail ? 

En ce début d’année 2021, environ 40% des salariés sont en télétravail. Voici quelques chiffres clés faisant état de l’impact du télétravail :

  • 71% des Français sont plus stressés depuis le début de la crise sanitaire
  • Le nombre de personnes dans un état dépressif a doublé et est passé de 10 à 21%
  • 41% des personnes ont un sentiment d’isolement
  • 45% des salariés ressentent un déséquilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle

Les salariés aimeraient que leur entreprise les aide plus psychologiquement à hauteur de 50%. Créer un climat de sécurité et faire savoir aux salariés qu’ils peuvent être écoutés lorsqu’ils en ont besoin va donc permettre de créer un climat de confiance et également de limiter les risques psychosociaux. 

Repérer les les signaux faibles du télétravail…..

Afin de repérer les signaux faibles du télétravail, il est important de former les managers. Il faut savoir qu’environ 50% des salariés font semblant d’aller bien lorsque ce n’est pas le cas. Les facteurs à suivre de près surtout en ce moment où le contexte oblige le travail à distance, sont par exemple : 

  • La baisse de performance : vous sentez qu’un collaborateur est moins impliqué que d’habitude, 
  • Si vos collaborateurs vous remontent des difficulté de sommeil, des maux de dos, une fatigue intense, des TMS (troubles musculo squelettiques) 
  • Erreurs ou silences inabituels : vous réalisez que certains de vos collaborateurs font des erreurs inhabituelles, ou bien observent des silences inhabituels en réunion. 
Aider les managers à faire face

……Grâce à la prise de pouls des équipes 

En cette période compliquée pour tous, prendre le pouls de ses équipes au quotidien est essentiel afin de repérer et prévenir les risques psychosociaux. 

Mettre en place une question chaque semaine autour du moral des collaborateurs, vous permet d’évaluer si ces derniers sont susceptibles d’êtres affectés par des troubles psychosociaux : 

Comment va le moral ?

Idéalement, vous pouvez mettre en place une enquête dédiée avec des questions précises vous permettant de libérer la parole et ainsi agir, par exemple : 

  • Comment évaluez-vous votre charge de travail?
  • Avez-vous la possibilité de développer vos compétences?
  • Quel est le niveau d’attention porté au bien être des collaborateurs?
  • Etes-vous fiers de votre travail?
  • Avez-vous la possibilité de faire un travail de qualité?
  • Etc.

Vous pourrez ainsi pouvoir mesurer et agir autour des thématiques suivantes : 

  • Intensité et temps de travail
  • Besoins émotionnels
  • Niveau d’autonomie
  • Rapports sociaux au travail
  • Conflits de valeurs
  • Insécurité de la situation de travail

Découvrez comment mettre en place ce type d’enquête avec Bloomin

Je souhaite évaluer les RPS avec Bloomin

 221 total views

Partager